Documentaires

Rebel dykes

UN FILM DE HARRI SHANAHAN & SIÂN A. WILLIAMS

« C’était une époque à la fois formidable et affreuse pour être jeune et queer » se souvient la guitariste et bassiste Debbie Smith. Dans le Londres post-punk des années 1980, une poignée de lesbiennes féministes, radicales et en colère assument fièrement leurs désirs et leur sexualité. De là naît un bouillonnement à la fois artistique, créatif et militant dont les échos se font encore entendre aujourd’hui.

En investissant et en se réappropriant l’érotisme, la pornographie et le SM (notamment avec les soirées non-mixtes Chain Reaction au Market Tavern), ces “gouines rebelles” bousculent tous les codes, y compris ceux des milieux lesbiens, déclenchant parfois de vives controverses intracommunautaires. Mais elles sont aussi à l’avant-garde de tous les combats politiques de l’époque : contre les missiles nucléaires de l’OTAN, contre le sida, contre le gouvernement Thatcher et sa “section 28” visant à interdire la “promotion” de l’homosexualité dans les écoles, etc. Ce qui donne lieu, bien sûr, à quelques coups d’éclat mémorables, comme une descente en rappel dans la Chambre des Lords ou une invasion des studios de la BBC !

Mêlant images d’archives, entretiens avec les principales protagonistes et séquences d’animation très réussies, Rebel Dykes fait œuvre de mémoire en ressuscitant une histoire largement oubliée. Si, comme le reconnaissent volontiers les intervenantes, les temps ont indéniablement changé (en partie grâce à leurs actions), le passé, ici, non seulement éclaire le présent, mais est aussi une source d’inspiration pour l’avenir !

Romain Vallet

Vendredi 4 mars • 21h

Cinéma Opéra

Documentaire / G-B / 2021 / 92’ / VOSTF

Interdit -16 ans

Distribution : GQUE Films

Précédé du court métrage

POISON

Un film de Louve Dubuc-Babinet

Documentaire / France / 2021 / 19’

Ubérisation, précarisation, lois travail… Dans un monde où le système de l’emploi est en bout de course, Poison est performeuse et actrice porno queer BDSM.
Hors des sentiers de l’emploi, du système monétaire et du salariat, elle se sert de la scène pour exprimer ses luttes, ses colères ; pour s’emparer d’un pouvoir qui nous est souvent refusé : celui de disposer de nos corps.

Bande-annonce