REtrospective

Gaël Morel

« J’envisage le cinéma comme un art forain, populaire, qui a à voir avec l’enfance » expliquait Gaël Morel à la sortie de Prendre le large.
Son enfance est celle de fils d’ouvriers du textile passée au cœur d’un Beaujolais natal auquel il rendra toujours hommage dans chacune de ses futures créations, au détour d’une ou plusieurs scène(s) ou d’un dialogue.
À dix huit ans, il se rend au Festival de Cannes en tant que membre d’un jury jeune. Il y retournera en 1994, à peine âgé de vingt deux ans, en montée des marches officielle pour la clôture de la section Un certain regard. Pas peu fier de jouer à l’écran le propre rôle d’André Téchiné à vingt ans dans son téléfilm Le Chêne et le Roseau, devenu Les Roseaux sauvages pour le cinéma.
Il est alors très remarqué. Sa carrière d’acteur semble ensuite lancée avec un rôle dans Le Plus bel âge de Didier Haudepin en 1995 puis dans Zonzon de Laurent Bouhnik en 1998.
Mais entre-temps, le désir de réalisation, sans doute né lors de ses études lyonnaises de cinéma, le rattrape et, après trois courts, il réalise en 1996, en plein cœur du Beaujolais, son premier long métrage : À toute vitesse. Il y réunit ses ami·es comédien·nes des Roseaux : Élodie Bouchez et Stéphane Rideau. Suivront sept autres longs métrages dont deux pour la télévision et un documentaire. Comme pour lui tout est cinéma, il aborde dans son œuvre foisonnante les thèmes de l’amitié, de la famille, de l’homosexualité, de l’adolescence, de la prostitution, du travail, de la mort et du deuil, des différences de culture…
Son cinéma est aussi affaire d’amitiés, de famille : Stéphane Rideau, ami des débuts, est régulièrement au casting, tandis que Paul Morel, son père, fait toujours une apparition façon « caméo familial ».

Hommage également, lorsqu’il invite ensuite dans ses films les icônes féminines de sa cinéphilie (Catherine Deneuve, Béatrice Dalle, Sandrine Bonnaire). Côté masculin, il offre de superbes premiers rôles à toute une génération d’acteur·trices qui naissent sous sa caméra : du Lyonnais Salim Kechiouche que l’on retrouvera chez Kechiche (La Vie d’Adèle, Mektoub My Love), à Thomas Dumerchez en passant par Nicolas Cazalé… Mais surtout, Gaël Morel est auteur à part entière de tous ses films : « quand j’écris, j’ai une structure romanesque initiale que je confronte toujours à la réalité des choses ». Voilà pourquoi son cinéma est social, générationnel, généreux, proche de la réalité et des vrais problèmes, lui, l’écorché vif ; c’est certainement sa définition de « populaire » qu’il évoque plus haut ! C’est ça la marque « Gaël Morel » !
En 2020, le festival rendait un grand hommage au maître Téchiné, cette année nous célèbrerons l’élève devenu maître en accueillant Gaël Morel pour sa première rétrospective en France. Un juste retour des choses pour cet enfant du pays qui se fait trop rare.

Bruno Thévenon

Lundi 28 juin 18h  au Théâtre des Célestins

Animée par le journaliste Gérard Lefort (Les Inrockuptibles)

Entrée gratuite sur inscription en ligne ici

Masterclass

animée par Gérard Lefort

INSTITUE LUMIÈRE

MERCREDI 23 JUIN – 19H45

Mercredi 23 juin 19h45 à l’Institut Lumière

+ Rencontre avec Gaël Morel, Salim Kechiouche, Stéphane Rideau et Pascal Cervo

FILM

À toute vitesse [soirée d’ouverture]

INSTITUE LUMIÈRE

MERCREDI 23 JUIN – 19H45

Dimanche 27 juin à 13h30 au Cinéma Opéra

+ Rencontre avec Gaël Morel et Stéphane Rideau

Séance gratuite

FILM

Premières neiges + premières œuvres

CINÉMA OPÉRA

DIMANCHE 27 JUIN – 13H30