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Rétrospective

Sébastien Lifshitz

LA TRAVERSÉE

Mercredi 13 mars • 18h30

Lumière Bellecour

Un film de Sébastien Lifshitz

Documentaire / France / 2000 / 85’ 

Avec : Stéphane Bouquet et Sébastien Lifshitz

Distribution : Ad Vitam

Si Claire Denis, la vagabonde (1995) est le premier documentaire de Sébastien Lifshitz au sens strict, le film qui incarne la vraie rupture avec la fiction est plutôt La Traversée. S’il réalisera encore deux fictions après cela, on sent qu’il trouve dans ce film une forme de récit qui lui correspond totalement et dont il reprendra les ingrédients par la suite.

Comme un signe, c’est en filmant Stéphane Bouquet, son collaborateur de fiction de toujours, qu’il entame cette transition et aborde les rives du documentaire. Le scénariste, ami et critique aux Cahiers du cinéma, se rend aux États-Unis dans l’espoir d’y retrouver la trace du père qu’il n’a jamais connu. Ce qui fait de La Traversée un film fascinant, c’est qu’on y identifie les fondements de l’œuvre documentaire à venir : l’archéologie du passé, le rapport aux lieux chargés de mémoire et la question de l’identité vue par le prisme de la filiation.

Mais le film est aussi précieux pour ses singularités. Se présentant quasiment sous la forme d’une enquête policière et d’un jeu de piste, il reprend les codes du road movie américain, alternant entre urbanité grouillante et vastes paysages de l’americana. La Traversée est aussi le film de Lifshitz le plus bricolé, même si l’esthétique télévisuelle est contre-balancée par l’usage de la pellicule et d’un format scope propre au cinéma américain. Enfin, il s’agit du film dans lequel le cinéaste se met le plus en scène, puisqu’on l’entend très souvent parler en direct avec Stéphane Bouquet et qu’il y est question de l’amitié qui unit les deux hommes plus, au fond, que du rapport au père.

                                                                                                            Bruno Deruisseau

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