Documentaire

Jean Genet,

notre père des fleurs

UN FILM DE DALILA ENNADRE

Mort en 1986, Jean Genet repose depuis face à l’Atlantique, au cimetière espagnol de Larache, au Maroc, où il a vécu une grande partie de ses dernières années. C’est là que la documentariste Dalila Ennadre, disparue en 2020, a posé sa caméra pour tourner son dernier film, achevé après son décès avec l’aide de sa fille Lilya. Entre les tombes blanchies à la chaux, la réalisatrice interroge la famille en charge de l’entretien des sépultures : le père, qui a bien connu Genet à la fin de sa vie ; la mère, qui a noué avec le défunt une quasi-relation secrète ; la fillette, qui apprend le français en récitant des poèmes de l’écrivain… Elle croise aussi des gens de plume venus rendre hommage à l’auteur de Querelle de Brest, et part à la rencontre des habitants de Larache, qui se souviennent du vieil homme complètement immergé dans la société marocaine, profondément amoureux de ce pays et de son peuple.

Loin du documentaire biographique, Jean Genet, notre père des fleurs (titre choisi en clin d’œil au premier roman de l’écrivain, adulé par David Bowie) est plutôt une évocation du sulfureux poète. La présence d’une prison à proximité du cimetière où il est enterré permet d’évoquer l’engagement anticarcéral de celui qui a passé de longues années derrière les barreaux ; la misère des jeunes Marocains prêts à prendre tous les risques pour rejoindre l’Europe, rappelle sa sympathie pour tous les damnés de la Terre. Sensible et intimiste, ce documentaire fait ainsi revivre une pensée et une œuvre toujours fertiles. 

Romain Vallet

Samedi 5 mars • 15h45

Bibliothèque du 1er

Documentaire / Maroc / 2021 / 61’ / VOSTF

Distribution : Laya Prod