Rétrospective Ulrike Ottinger

Figure majeure du Nouveau Cinéma Allemand - auquel ont contribué Rainer Werner Fassbinder, Werner Herzog, Rosa von Praunheim -, cette éternelle insoumise est née en 1942 à Constance.

Si ses velléités artistiques ont d’abord fleuri dans les arts plastiques (peinture, photographie), elle s’est bien vite immiscée dans l’exercice du cinéma. À travers une multitude de registres et de formes, Ulrike Ottinger a su construire, dans l’indépendance des milieux underground, un vocabulaire hors-norme, résolument queer entre fantaisie camp et trouble des genres.


Par un attrait distingué pour le surréalisme, ses œuvres hors du commun où la métamorphose, l’extravagance et l’absurde sont magnifiés, nous invitent à libérer nos imaginaires, à décupler le champ de nos possibles. Les différentes formes de marginalité (sexualités, genres, cultures, classes sociales) y prennent une place déterminante. Notons la significative longueur d’avance qu’a prise la cinéaste dans la représentation de figures non-binaires, transgenres ou intersexes... Dans les films sélectionnés pour cette rétrospective, le vocabulaire cinématographique original et marginal d’Ulrike Ottinger édifie de véritables contre-mondes inclusifs, matriarcaux, que la cinéaste oppose habilement aux systèmes de normes patriarcales, régressives de la société de consommation reaganienne, thatchérienne.


Reste enfin dans l’œuvre d’Ulrike Ottinger, et l’on ne peut pas le manquer, l’omniprésence des femmes. Elles sont partout, au premier plan, à l’arrière-plan, travesties au masculin. C’est ainsi qu’on y retrouve quelques-unes des personnalités féminines les plus emblématiques de la contre-culture des années 1980 : Yvonne Rainer, Jackie Raynal, Nina Hagen, Tabea Blumenschein, Barbara Valentin, Magdalana Montezuma, Irm Herman ; sans oublier, bien sûr, la collaboration féconde qu’elle a entretenue avec l’inénarrable Delphine Seyrig (à l’honneur de cette édition du festival). Chacun de ses films exsude des engagements et luttes pour la visibilité et les droits des femmes - et de toutes les minorités - portés par la cinéaste allemande.


En quelques films de fiction inclassables, iconoclastes, dans lesquels perlent sa passion et sa curiosité pour tous les modes d’expression artistique - le cinéma les réunissant tous -, elle a réussi à imposer son esthétique hybride, aussi surprenante que désopilante, au panthéon des cinéphilies LGBTQI+... Il est bien regrettable qu’en leur temps, ces petites merveilles n’aient pas trouvé le chemin des écrans français. Préjudice réparé.
                                                                                                                                Christophe C. Petit

Laokoon & Söhne + Superbia

Vendredi 25 juin

 

20h15 / Cinéma Opéra

 

+ Projection de l'entretien entre Ulrike Ottinger et le journaliste Ariel Schweitzer (Les Cahiers du cinéma). 1h

 

Séance gratuite

Madame X

Jeudi 1er juillet

 

17h / Cinéma Opéra

 

Aller jamais retour

Samedi 26 juin

 

17h / Lumière Bellecour

 

Freak Orlando

Mardi 29 juin

 

20h15 / Cinéma Opéra

Dorian Gray dans le miroir de la presse à sensation

Lundi 28 juin 

 

20h / Cinéma Opéra

Jeanne d'Arc de Mongolie

Samedi 26 juin

 

14h / Lumière Bellecour

Paris Calligrammes

Lundi 28 juin

 

18h15 / Comœdia

Master Class Gaël Morel

Lundi 28 juin - 18h - Théâtre des Célestins - Entrée libre