Hommage à Delphine Seyrig

"C’est extraordinaire et passionnant d’être une femme à notre époque. Les femmes ont une énergie et une créativité qui explose de tous les côtés. La deuxième moitié du XXème siècle donne des femmes écrivains, metteurs en scène, qui montrent une face cachée de la vie."

(Entretien Delphine Seyrig Marion Kalter 1984)


Delphine Seyrig, née à Beyrouth en 1932, décédée à Paris en 1990, est comédienne.
Elle joue au théâtre pour Serge Pitoëff, Claude Regy, Jorge Lavelli, Wilson, au cinéma pour Marguerite Duras, Alain Resnais, Luis Buñuel, Joseph Losey, François Truffaut, Liliane de Kermadec, Chantal Akerman, William Klein, Ulrike Ottinger...


Diva aux yeux de nombreux cinéphiles, Delphine Seyrig est engagée dans le mouvement féministe et pour les droits humains. Initiée à la vidéo au début des années 70 par Carole Roussopoulos, elle crée avec Ioana Wieder et Carole Roussopoulos les groupes Les Muses s’amusent et Les Insoumuses.

Toutes trois utilisent la vidéo portable, nouvellement arrivée sur le marché, comme un outil politique.

Dès 1975, Delphine Seyrig est l’auteure et co-auteure de plusieurs vidéos féministes.
En 1976 Les Muses s‘amusent détournent une émission de télévision avec un humour très caustique et montent Maso et Miso vont en bateau.

Delphine tourne à Paris et Los Angeles avec Carole Sois belle et tais-toi ! en 1976. Elles coréalisent l’irrévérencieux SCUM Manifesto 1967 en 1976.


Comme le souligne Giovanna Zapperi, professeure en histoire de l’art contemporain, ces productions sont « exemplaires d’une pratique de la désobéissance qui prend forme à travers un usage politique de la vidéo, capable de faire dialoguer l’humour, la critique sociale et l’émergence d’un regard féministe ».
En 1977, Delphine réalise Inês pour dénoncer l’incarcération et la torture de Inês Etienne Romeu, détenue politique brésilienne.
Delphine Seyrig est au croisement du cinéma, du théâtre, de la performance, du féminisme et de l’internationalisme.
En 1982, Delphine Seyrig fonde avec Carole Roussopoulos et Ioana Wieder le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, premier et unique lieu d’archives audiovisuelles consacré aux femmes, à leurs droits, leur création, leur histoire.

Seyrig confirme son intérêt pour l’histoire des femmes en créant ce lieu pour sauvegarder et valoriser un matrimoine audiovisuel féministe tout en continuant à produire de nouvelles vidéos activistes.
Delphine Seyrig écrit à cette période un scénario sur Calamity Jane qu’elle commence à tourner aux Etats-Unis, accompagnée par Babette Mangolte, cheffe opératrice, photographe et réalisatrice. Seyrig ne pourra pas terminer ce projet de film avant sa mort en 1990.
En 2020, Babette Mangolte reprend les rushes et réalise le film Calamity Jane & Delphine Seyrig, A Story.                                                                                                                         ©CaSdB 2021

Sois belle et tais-toi !

<< Nouvelle image avec texte >>

S.C.U.M Manifesto 1967, Inès, Pour mémoire

<< Nouvelle image avec texte >>

Calamity Jane & Delphine Seyrig, A Story

<< Nouvelle image avec texte >>

Peau d'âne

<< Nouvelle image avec texte >>

Les Lèvres rouges

<< Nouvelle image avec texte >>

Freak Orlando

<< Nouvelle image avec texte >>

Dorian Gray dans le miroir de la presse à sensation

<< Nouvelle image avec texte >>

Jeanne d'Arc de Mongolie

<< Nouvelle image avec texte >>