Le Prédateur 

Un film de Marco Berger

 

El Cazador / Argentine / 2020 / 1h41 / VOSTF

 

Avec :  Juan Pablo Cestaro, Juan Barberini, Lautaro Rodriguez, Patricio Rodriguez

 

Ses parents partis en voyage en Europe, Ezequiel, quinze ans, reste seul à la maison à Buenos Aires. Il profite de cette opportunité pour laisser libre cours à ses désirs jusque-là soigneusement cachés. Au skate parc, il flashe sur le magnétique Mono avec lequel il va partager la complicité sensuelle qu’il attendait tant. Mono, plus agé et à l’aise avec sa sexualité, invite Ezequiel à passer le week-end dans la villa de son cousin. Pendant ce séjour, Ezequiel est déconcerté par le comportement étrange de son ami. Très vite, il se sent mal à l’aise et observé...


On savait Marco Berger, cinéaste de la sensualité, excellent directeur d’acteur, capable de faire passer des émotions simplement avec des non-dits et des regards comme dans Le Colocataire, présenté l’année dernière au festival. On retrouve toujours cette sensualité des corps mais cette fois-ci au service d’un scénario solide traîtant d’un sujet grave et peu porté à l’écran : la pédo-criminalité.

En 2004 déjà, Gregg Araki s’était attaqué à ce sujet sous l’angle du conte, avec Mysterious Skin. Les deux jeunes victimes vivant alors un déni du trauma fantasmé et « merveilleux ». Ici, le regard de Marco Berger est précis, quasi chirurgical. Il décortique la mécanique implacable des pièges tendus par les cyber-harceleurs sur la toile des réseaux sociaux, où les jeunes se révèlent être des proies faciles.
À l’heure du #MeTooGay, Le Prédateur apporte une pierre essentielle à l’édifice sur un ton particulièrement juste et jamais voyeuriste.

Cédric Denonfoux

Samedi 26 juin

 

17h45 / Comœdia

Master Class Gaël Morel

Lundi 28 juin - 18h - Théâtre des Célestins - Entrée libre